Des partisans des rebelles pro-iraniens Houthis au Yémen manifestent à Sanaa contre les frappes américaines en Iran, le 10 juillet 2026 ( AFP / Mohammed HUWAIS )
Au moins trois membres des forces gouvernementales yéménites et deux civils ont été tués vendredi dans de nouvelles attaques des rebelles houthis dans une province riche en pétrole, au lendemain des frappes les plus meurtrières depuis la trêve de 2022.
Jeudi, au moins 58 soldats avaient été tués par des tirs de missiles et de drones des Houthis pro-iraniens, notamment dans la province de Marib (centre), à nouveau frappée vendredi.
Les Houthis ont également frappé l'Arabie saoudite jeudi soir, faisant 11 blessés, selon la coalition militaire dirigée par Ryad, qui était intervenue en 2015 au Yémen pour soutenir le gouvernement face aux rebelles.
La coalition ne restera pas "les bras croisés", a averti vendredi une source proche de l'armée saoudienne, disant que Marib constituait une "ligne rouge".
"La coalition ne cherche pas l'escalade, mais nous ne permettrons pas que l'équilibre actuel des forces sur le terrain soit modifié", a-t-elle ajouté.
Marib est une province stratégique dont des secteurs sont aux mains des rebelles et d'autres du gouvernement, qui contrôle notamment la ville du même nom ainsi que des champs et des installations pétrolières.
L'attaque a été perpétrée vendredi dans un secteur au sud de Marib, faisant "trois morts et quatre blessés, selon un bilan préliminaire" donné à l'AFP par une source militaire sous couvert d'anonymat.
Les Houthis ont lancé "plus de dix missiles et sept drones suicide visant des camps militaires", a-t-elle ajouté.
Deux civils tués
D'après la même source, les Houthis cherchent à lancer une offensive sur la ville.
Deux civils y ont péri dans une attaque distincte vendredi, selon le ministre de la Santé.
La veille, une attaque avait visé un camp militaire dans la même province ainsi que d'autres dans la province d'Hadramout, près de la frontière avec l'Arabie saoudite.
Une source militaire avait communiqué un bilan de 58 morts et de "dizaines de blessés".
Les Houthis ont revendiqué les deux attaques et affirmé avoir agi en représailles au récent renforcement, selon eux, des troupes yéménites appuyées par l'Arabie saoudite.
Cette dernière flambée de violences ravive le spectre d'un retour à la guerre au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, où une trêve conclue en 2022 entre les Houthis, appuyés par Téhéran, et le gouvernement avait tenu, avant de voler en éclats le mois dernier.
La reprise du conflit, commencé en 2014, a constitué une nouvelle étape dans l'embrasement régional consécutif à la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran.
Mercredi, les Houthis avaient déclaré avoir attaqué deux pétroliers saoudiens en mer Rouge et dans le golfe d'Aden, dans le cadre du blocus qu'ils avaient annoncé en juillet à l'encontre de la flotte saoudienne.
Ils avaient auparavant frappé des infrastructures notamment pétrolières en Arabie saoudite, qui a de son côté tiré contre des positions des Houthis.
La guerre au Yémen avait fait des centaines de milliers de morts et plongé le pays dans une grave crise humanitaire.

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